Orthographe et réseaux 2.0

Orthographe et réseaux 2.0

Correction, relecture, orthographe et réseaux sociaux

Depuis la création d’Internet (dont les trente bougies ont été soufflées il y a peu), on n’a jamais autant écrit. Et jamais on n’a autant frémi de la construction des phrases de certains… tellement leur plume a tendance à prendre des raccourcis avec notre belle orthographe et à éluder l’étape “relecture et correction” !
Avec l’avènement des réseaux sociaux ces dernières années, les publications éphémères se sont multipliées. Ceci est logique, et dû principalement au fait que les réseaux sociaux font partie intégrante de l’ère des micro communications (chat, 140 caractères pour un tweet…) comme de l’hyper-connexion numérique.

Des écrits “FMR”…

Ainsi, dans les réseaux sociaux, se côtoient une multitude d’écrits, tous aussi variés les uns que les autres. Cette diversité crée un paradoxe : en pleine époque de l’audiovisuel, où l’on pensait dur comme fer que les productions écrites disparaîtraient au profit du cinéma, du téléphone, de la radio, de la télévision et maintenant de l’informatique et des réseaux sociaux, menant inexorablement la masse à un état d’abrutissement et d’illettrisme total, voilà que l’on n’a jamais autant écrit.

Des micro publications de Twitter aux articles de Facebook, en passant par les messages instantanés que l’on s’envoie à loisir dans des groupes plus ou moins restreints, le respect de l’orthographe a toujours une grande place. On observe ça et là qu’une bonne pratique de la relecture orthographique est toujours bien perçue, que l’on écrive une ligne comme un texte entier.
La réflexion se doit d’être bien orthographiée ; cela a son importance dans le cadre personnel aussi bien que professionnel d’ailleurs. Au niveau professionnel justement, l’importance est telle que l’orthographe et la grammaire peuvent avoir un impact non négligeable sur l’image d’une entreprise, et par conséquent, sur ses revenus, si jamais une publication sur les réseaux sociaux ou un mail était produit de façon hasardeuse orthographiquement ou grammaticalement parlant, sans relecture ou correction suffisante.

Le plus ironique dans tout cela, est que nous faisons tous de nombreuses fautes, parce que le français est une langue très difficile à écrire.
Il faut ajouter à cela l’injonction à l’immédiateté et à la rapidité qui s’oppose frontalement à la nécessité de faire une relecture systématiquement afin de procéder à quelques corrections si nécessaire.
D’où le paradoxe dont nous parlons et dont nous souhaitons, à travers ce billet, effectuer la synthèse aujourd’hui.

Relecture et correction : des normes anciennes tirées du fond des âges….

Normes étymologiques

La construction orthographique et grammaticale de la langue française prend notamment ses racines dans l’étymologie. Bien des mots français peuvent se déduire des langues grecque, latine ou même du vieil anglais.
Le plus emblématique certainement est l’emploi du “h” muet au milieu d’un mot comme “orthographe”. D’où vient ce “h” qui peut être oublié par les néophytes du français ? Ici, le mot “orthographe” prend ses racines dans le grec avec “orthos” (signifiant droit, correct), où l’on utilise une lettre thêta que l’on peut retranscrire aujourd’hui par “th”. La seconde partie de ce mot trouve sa racine étymologique dans “graphié” (signifiant écriture), et qui utilise en grec la lettre phi qui donne le “ph”.

On a beaucoup parlé de la réforme de l’orthographe, qui veut simplifier certains usages (“pharmacie” devenant “farmacie”, “nénuphar” devenant “nénufar”…) afin de permettre à certains de rattraper le train de l’orthographe qu’ils ont trop souvent loupé. Cela permettrait de faciliter l’étape de la correction de certains, termes, en ayant au moins deux façons de les écrire correctement.

Réactions sur les réseaux

Cela déchaine pas mal de passions au travers des réseaux sociaux notamment, où s’affrontent les partisans du respect de notre patrimoine orthographique tel qu’il a toujours existé, contre ceux qui prônent la souplesse orthographique, prompts au changement et à la simplification. En cela, des plateformes comme Twitter ou Facebook représentent une véritable mise en abîme de la problématique, les internautes s’agressant à coups de messages lapidaires, voire de mèmes, qui, pour l’ironie, mélangent très fréquemment l’image et le texte. C’est ainsi que l’année dernière, lors de l’annonce d’une énième réforme de l’orthographe par le Ministère de l’éducation nationale en France, des hashtags comme #JeSuisCirconflexe ou #JeSuisNénuphar ont fleuri un peu partout.

Image chat règle orthographe
Un mème utilisant les chatons, toujours efficace ! (bescherelletamere.fr)

… contre les nouvelles technologies

On observe qu’aujourd’hui (et depuis quelques années déjà), même avec l’avènement des réseaux sociaux ou le mail comme moyen courant de communication dans l’entreprise, le soin apporté à l’orthographe d’un message (sa relecture et sa correction éventuelle), quel qu’il soit, est primordial.
Un laxisme dans le domaine de l’orthographe concernant un ou plusieurs mails et c’est l’image d’une entreprise qui peut se voir attaquée, au point de subir une pénalisation pécuniaire. Cela concerne davantage certains secteurs que d’autres, notamment s’ils disposent de clients de type “B to C”, ou si l’on associe leur travail à de la rigueur tel qu’il devrait en exister dans leurs écrits (comme les banques par exemple).

D’autre part, la présence de fautes de français peut tout à fait devenir une source de suspicion à l’encontre d’un expéditeur. C’est le cas des spams, comme des sites de fishing. Ces derniers, s’ils tentent de copier l’aspect de sites officiels afin de dérober des coordonnées personnelles ou bancaires notamment, peuvent être aisément mis en doute quand ils contiennent des approximations orthographiques ou de langage ne respectant pas les usages courants de notre langue. Un manque de relecture ? Toujours est-il que, de nos jours, avec des méthodes d’usurpation de sites de plus en plus pernicieuses, ce genre de détection est pratiquement tout ce qu’il reste à l’utilisateur pour ne pas tomber dans le piège.

D’où l’importance de l’absence de fautes dans certains cas, mais de leur présence dans d’autres.

Pour conclure

Nous avons mis en exergue dans ce billet le paradoxe qu’offre l’écriture sur les réseaux sociaux aujourd’hui, et plus largement sur les modes de communication qu’offre le Web 2.0.
A une orthographe qui impose de prendre le temps de l’écriture et de la relecture pour éviter les fautes, se mêle la rapidité des publications du Web d’aujourd’hui. Pas étonnant que cela suscite des réactions qui pourraient s’apparenter à de l’hystérie pour certaines ! Du coup, nous voyons émerger des concepts permettant d’aider ces internautes en mal de relecture orthographique, tel que notre boutique en ligne promettant une correction personnalisée et pas chère de tous les écrits possibles. On rencontre également d’autres services émergents tel que le projet Voltaire.

Peut-être de quoi résorber peu à peu le paradoxe dont nous parlons !

Dernière minute : “tout ne serait pas perdu”

Selon un chercheur russe, Ivan Smirnov pour ne pas le nommer, le constat serait tout autre à propos de l’écriture et des réseaux sociaux. L’étude d’Ivan émet le constat que ceux qui publient en ligne régulièrement ont tendance à utiliser un vocabulaire plus élaboré et des mots plus longs.
Pour arriver à cette conclusion, Ivan Smirnov a passé quelques années à analyser scrupuleusement les publications de plus d’un million de Russes sur VK, un réseau social russe. Il déclare :

Les internautes de 15 ans en 2016 écrivent mieux que les internautes de tous âges confondus en 2008. Nos découvertes montrent que les réseaux sociaux n’entraînent pas la dégradation des langues. Au contraire : les utilisateurs modifient leur manière de s’exprimer sur ces sites et publient des textes plus sophistiqués que les années précédentes.

Les chercheurs devraient mener cette étude mériterait à un niveau mondial pour savoir si le cas russe devient la norme dans ce domaine. Mais reconnaissons-le : c’est déjà très encouragent de savoir que les réseaux sociaux ne sont pas une voie de garage pour le “bien écrire” et que certains prennent encore le temps de la relecture et de la correction de leurs textes.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.